Commencer par demander au sujet une formulation libre (" pensez tout haut en vous remémorant les différentes opérations "), puis resserrer les questions au fur et à mesure de la progression de l'entretien. Laisser toujours le sujet aller au bout de ses phrases, pour le laisser revenir " dans son activité ". Mais ne pas hésiter à le recentrer sur l'activité réelle et non sur des généralités (" je fais toujours comme ça ", " le plus souvent, ça ne me pose pas de problème "). Types de questions à poser : " comment faites-vous pour... " " comment saviez-vous que... " pour demander une procédure (action d'exécution), ou les informations que le sujet prélève (action d'identification) ;
On peut également interroger le sujet sur les début et fin des actions " comment saviez-vous que vous aviez terminé ? ", ou bien sur les éventuelles contraintes séquentielles : des actions ne peuvent-elles pas se faire que lorsque d'autres sont réalisées ? ou bien ne peuvent plus être réalisées après d'autres ? des actions doivent-elles se faire simultanément ?
Dans un deuxième temps, une fois que l'activité aura été décrite, on passera aux " pourquoi ?" : " Expliquez pourquoi vous faites cela " pour justifier la procédure et obtenir les buts poursuivis.
Pour reformuler les paroles du sujet, afin de guider son expression : les répéter exactement ; focaliser, en sélectionnant un terme à expliquer, la déformation, en trahissant les propos de l'expert pour le provoquer à reformuler.
Tableau III -- Catégories de Flanders
| Influence indirecte | 1. Accepte ou clarifie les sentiments des élèves
: le professeur accepte les sentiments soit positifs, soit négatifs
des élèves, sans aucune réprobation. Y sont inclus
les prédictions et les souventirs de sentiments.
2. Fait des éloges ou encourage : il félicite l'élève ou l'encourage dans son activité. Il plaisante pour détendre le climat de la classe, mais jamais aux dépens d'un élève. 3. Accepte ou utilise les idées des élèves : Il clarifie, développe les idées exprimées par les élèves. Si le professeur ne reprend l'idée d'un élève que pour l'amener vers la sienne, il s'agit de la catégorie 5. 4. Pose des questions : Il pose une question à propos du contenu ou de la méthode avec l'intention qu'un élève réponde. 5. Fait un exposé ex cathedra : Il donne des faits, des opinions sur le contenu et les méthodes, exprime ses propres idées. |
|
| Discours de l'enseignant | Influence directe | 6. Donne des directives : Des ordres que l'élève doit suivre. 7. Critique ou en appelle à son autorité : énoncés qui visent à changer un comportement de l'élève d'inacceptable qu'il est à acceptable, faire des remontrances, dire pourquoi l'enseignant fait ce qu'il fait, affirmer son autorité, sanctionner. |
| Discours de l'élève | 8. Répond aux questions : et aux sollicitations
du professeur.
9. Prend spontanément la parole : intervient sans avoir été sollicité par le professeur. |
|
| Silence | 10. Silence, confusion : Périodes de pause, de silence ou moment de confusion pendant lesquels on ne peut déterminer qui parle. |
Flanders part de l'idée que les comportements verbaux de l'enseignant de type " influence directe " (6 et 7) renforcent la domination que ce dernier peut avoir sur les élèves. En revanche, les 5 premiers items développeraient chez les élèves une attitude démocratique.
Comme l'indique Flanders (1976), il est toujours possible, selon les besoins de l'observation, de raffiner des catégories [1. Ainsi, la catégorie 3, assez floue, peut être segmentée en :]
3-1 : Simple répétition, pour montrer que les idées de l'élève ont été entendues.
3-2 : Réagit aux idées spécifiques de l'élève, mais seulement en fonction de la perception qu'il s'en fait.
3-3 : Réagit aux idées spécifiques de l'élève, mais cette réaction incorpore les perceptions d'un ou plusieurs élèves.
3-4 : Stimule la réaction aux idées d'un élève en posant des questions afin de faire réagir les autres élèves.
10 ]1e paire 2e paire[ 4 ] [ 8 ]3e paire 4e paire[ 2 ] [ 10Ces paires sont ensuite placées dans une matrice (voir p. suiv.), p. ex. (10,6) sera codé par une barre dans la case à l'intersection de la ligne 10 et la colonne 6 ; (6, 10) par une barre dans la case à l'intersection de la ligne 6 et la colonne 10 ; (10,7) par une barre dans la case à l'intersection de la ligne 10 et de la colonne 7, etc.
Par colonne, on peut calculer les pourcentages obtenus par chaque catégorie d'items (nb d'items d'une catégorie*100/nb total de comportements observés). On peut ensuite calculer le pourcentage d'interventions du professeur (col. 1-7), des élèves (col. 8-9). L'examen de certaines aires (voir p. suiv.) permet d'identifier le mode d'intervention privilégié du professeur.
La croix du contenu : De nombreuses observations dans cette croix montrent que l'enseignant privilégie la transmission de contenu (exposé). Cela varie bien sûr en fonction de la matière enseignée (50 % des items observés en maths, 30 % en sciences humaines et sociales).
Les aires A, B, C, D montrent la proportion de temps pendant lequel, respectivement : -- le professeur a utilisé son influence indirecte, -- directe, -- les élèves ont parlé, -- il y a eu du silence ou de la confusion.
Tableau IV -- Matrice d'observation, exemple (Flanders, 1976, p. 65).
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Total 1 -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- 2 -- 1 1 1 2 -- -- 1 5 -- 11 3 -- -- 5 1 4 -- -- -- -- -- 10 4 -- -- -- 23 2 1 -- 42 3 5 76 5 -- 2 1 22 80 1 2 3 3 3 117 6 -- -- -- 1 -- -- 1 3 -- -- 5 7 -- -- -- -- 2 1 1 -- -- 4 8 -- 5 -- 22 19 -- -- 45 7 -- 98 9 -- 3 3 3 7 -- -- 3 32 -- 51 10 -- -- -- 3 1 2 -- 1 1 -- 8 Total -- 11 10 76 117 5 4 98 51 8 380 % -- 2,9 2,6 20 30,8 1,3 1,1 25,8 13,4 2,1 100 25,5 33,2 39,2 2,1 Total enseignant : 58,7 Total Sil. élèvesOn peut repérer la séquence 5-5, état stationnaire, la plus observée. La séquence suivante la plus probable sera 5-4, trouvée en parcourant la ligne de la séquence précédente. On cherche ensuite dans la ligne 4 la suite la plus probable, c'est vraisemblablement 4-4, état stationnaire. La suivante est sans doute 4-8. Cherchons ensuite dans la ligne 8 la suite la plus probable, nous avons 8-4 et 8-5 comme chagements, et 8-8 comme état stationnaire. Notons que cet ensemble de séquences est trouvé en tournant, dans la matrice, dans le sens des aiguilles d'une montre. Les deux ensembles de séquences les plus courants sont donc (les états stationnaires sont entre parenthèses) :
(5-5) ; 5-4 ; (4-4) ; 4-8 ; (8-8) ; 8-5 et (5-5) ; 5-4 ; (4-4) ; 4-8 ; (8-8) ; 8-4
Pour un groupe de travail centré sur un problème très précis (production de texte, résolution de problème), on pourra mesurer le temps total passé à -- planifier ; -- faire le brouillon ; -- corriger le brouillon.
O'Conaill et Whittaker (1993) livrent des indicateurs pour observer le déroulement des interactions verbales :
1. Interaction explicite : Toute déclaration contenant une référence explicite à un autre message, une autre personne ou à un groupe de personnes.
1.1. Réponse directe : Toute déclaration répondant à un questionnement dans une forme explicite, en se référenant directement à lui (p. ex., en réponse à Denis...).
1.2. Commentaire direct : Toute déclaration se référant ou poursuivant une idée qui a été produite, en se référant directement à elle (p. ex., Je suis d'accord avec Nicole...).
2. Interaction implicite : Toute déclaration contenant une référence implicite à un autre message, une autre personne ou à un groupe de personnes.
1.1. Réponse indirecte : Toute déclaration répondant visiblement à un questionnement, mais sans référence explicite (p. ex., Je pense que la solution au problème est...).
1.2. Commentaire indirect : Toute déclaration se référant ou poursuivant visiblement une idée, mais sans référence au message de départ directement à elle (p. ex., Le problème posé ici demande la collaboration de X).
3. Déclaration indépendante : Une déclaration traitant le sujet, mais sans répondre ou commenter, que ce soit explicite ou implicite une déclaration précédente.
DE KETELE, J.-M. (1987). Méthodologie de l'observation. Bruxelles : De Boeck.
DE VISSCHER, P. (1991). Us, avatars et métamorphoses de la dynamique des groupes. Grenoble : PUG.
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GOUPIL, G., LUSIGNAN, G. (1993). Apprentissage et enseignement en milieu scolaire. Montréal : Gaëtan Morin.
HENRI, F. (1989). Distance learning and computer-mediated communication : interactive, quasi-interactive or monologue ? In C. O'MALLEY (Ed.), Computer supported collaborative learning. Berlin : Springer Verlag, 145-161.
O'CONAILL, B., WHITTAKER, S. (1993). Conversations over video conferences : an evaluation of the spoken aspects of video-mediated communication. Hum.-Comput. Interaction, 8, 289-428.
POSTIC, M. (1981). Observation et formation des enseignants. Paris : PUF.
VASQUEZ, A., OURY, F. (1971). De la classe coopérative à la pédagogie institutionnelle. Paris : Maspero.
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http://www.upmf-grenoble.fr/sciedu/pdessus/sapea/activite.html