Thème
Dans le même esprit que celui qui a présidé aux trois séminaires précédents, notre intention est de préciser la stature conceptuelle du mot convention dans quelques domaines essentiels et connexes, philosophique, politique, épistémologique, éducatif, la liste n'étant évidemment pas close. Si le mot convention apparaît chez Hume, dans son Enquête sur les Principes de la Morale, contre un gouvernement tyrannique ou absolu qui requiert l'assentiment passif ou la crainte du peuple, peut-on se satisfaire de la seule convention ? Le contrat paraît d'un plus ferme secours. Mais le gouvernement suprême de la volonté générale qui surplombe l'ordre contractuel n'entrave-t-il pas la dynamique des sociétés ?
Après être passé du latin à l'anglais, le mot convention fait retour dans la France révolutionnaire et prend la majuscule pour désigner l'assemblée qui, entre 1792 et 1795, va aussi établir quelques lois fondamentales sur l'école. Depuis, la fortune du mot s'est élargie. Au début du XXe siècle, seront élaborées puis signées les premières " conventions collectives " conférant ainsi au social une nouvelle légitimité politique. Le mot finit par s'immiscer dans la fabrique de la science avec Poincaré pour qui les axiomes géométriques " sont des conventions " dont le choix procède de l'expérience et obéit à un agrément d'usage.
L'exploration d'un mot aussi familier et complexe que " convention ", peut-elle intéresser l'éducation ? Certes, en théorie didactique on ne parle que de contrat (coutume n'ayant fait qu'une irruption fugace). Mais l'importation, souvent abusive ou mal argumentée, de la notion de contrat dans d'autres didactiques devrait justifier l'ouverture d'une discussion non dogmatique sur la pertinence qu'il y aurait à lui substituer " convention ". Enfin, dans la cognition scolaire, le mot convention est également à l'oeuvre dans les conversions qui génèrent les représentations d'objets dans les technologies cognitives et éducatives.
Enfin, le mot connaît une poussée significative dans les champs sociologique et économique. Mobilisée en de multiples domaines (la monnaie, les relations de travail, la sphère financière...), la convention est tantôt définie comme un dispositif constituant un accord de volonté doté d'une force normative, soit comme une référence commune, produit d'une imagination collective extériorisée, qui fonde les anticipations individuelles, soit comme un dispositif cognitif collectif, soit, enfin, comme une structure de coordination des comportements offrant une procédure de résolution récurrente des problèmes. On comprendra que sur une telle variabilité définitoire se fonde l'intérêt du séminaire.
Ouvrage
L'ouvrage issu du 4ème séminiaire DU MOT AU CONCEPT consacré au mot "convention" est actuellement en cours de rédaction.
Programme
Jeudi 5 juillet 2007
Vendredi 6 juillet 2007