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Donatella Gatti, "Compétences, organisations et coordinations dans une économie d'innovation. Une analyse comparative du chômage pour quatre pays de l'OCDE", Jury: R. Boyer (CEPREMAP-EHESS), G. Dosi (U. Santa Anna, Pise), O. Favereau (Paris X), D. Guellec (OCDE), B. Reynaud (CNRS), D. Soskice, Soutenance le 20/12/2000, EHESS.

Cette thèse développe une analyse formalisée des différentiels de chômage pour quatre pays de l’OCDE : l’Allemagne, la France, le Japon et les Etats-Unis. Ces différentiels et leur évolution s’expliquent par la diversité des formes de cohésion entre structure des marchés, nature des compétences et organisation des firmes, au sein des configurations institutionnelles. Nous incorporons ces facteurs dans deux modèles de salaires d’efficiences et nous en comparons les résultats aux faits stylisés via une calibration grossière.

Un premier modèle montre que l’organisation du travail et les compétences influencent les mécanismes de motivation des salariés à l'effort. La coordination décentralisée impose à la firme d’affecter une partie des ressources de gestion à l’amélioration de la communication entre les salariés : ceci réduit le poids du monitoring dans la relation d’efficience. La coordination décentralisée s’associe alors à plus d’embauches : ceci améliore l’emploi lorsque l’effet indirect sur le monitoring et les séparations n’est pas trop fort. Le modèle indique que le faible chômage structurel du Japon et de l’Allemagne pendant les années quatre-vingts s’explique par les choix organisationnels spécifiques que les firmes y ont opérés.

Dans un deuxième modèle, la présence d’externalités de l’innovation radicale sur la rotation des emplois génère un coût indirect (i.e. moindre effort) associé à ce type d’innovation. Cette externalité est incorporée par les entreprises coordonnées qui préfèrent investire dans la recherche incrémentale lorsque la concurrence augmente. Le succès croissant du Japon et de l’Allemagne dans l’innovation de produit est la conséquence d’une concurrence accrue générant une spécialisation divergente des trajectoires d’innovation. Ceci explique la faible rotation des emplois dans les pays coordonnés (Allemagne et Japon) et montre qu’une intensification « exogène » de cette rotation est à l’origine de la détérioration récente des performances dans ces pays.

Competences, Organizations and Coordinations in an Economy of Innovation. A comparative analysis of unemployment across four OECD countries

This thesis proposes a formalized comparative analysis of unemployment differentials across four OECD countries: Germany, France, Japan and the US. Unemployment differentials and their evolution ought to be explained by the diversity in the way cohesion is achieved between the structure of markets, the nature of competences and the firms’ organization, within institutional configurations. These factors are systematically integrated into two efficiency wage models and results are compared to stylized facts via a tentative calibration.

A first model shows that work organization and competences affect workers’ motivation devices to improve effort. Decentralized coordination pushes firms to allocate part of their supervisory resources to the improvement of communication among workers: this reduces the weight of direct control in the effort function. Decentralized coordination is thus associated with a higher probability of being hired: this improves employment if the indirect effect on control and separation is not too strong. This model shows that the low structural unemployment experienced by Japan and Germany during the eighties can be explained by the specific organizational choices made by Japanese and German firms.

In a second model, externalities stemming from radical innovation to workers turnover generate an indirect cost (in terms of lower effort) to be associated to this type of innovation. This externality is incorporated by coordinated firms, which prefer to invest in incremental research when competition increases. The growing success of Germany and Japan in product innovations can then be the consequence of increased competition leading to divergent specialization in the trajectories of innovation. This explains the low turnover of workers in coordinated countries (i.e. Germany and Japan) and shows that an exogenous intensification of turnover can be one cause of the recent worsening of performance in these countries.

Discipline : Science Economique

Mots-Clés: Analyse comparative, Organisation du travail, Coordination des firmes, Compétences, Chômage, Innovation.

Adresse du laboratoire: CEPREMAP, 142 Rue du Chevaleret, 75013 Paris

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