• Instruments économiques pour l'environnement globalChercheurs
: O. Blanchard,
D. Cavard, P.
Criqui, M. Damian,
P. Menanteau,
S. Mima _______________ La question de la conception et de la mise en œuvre des politiques publiques de protection de l’environnement global, via des systèmes d’incitation fondés sur les « instruments économiques » conduit à poser une double problématique, portant : - d’une part sur la nature des mécanismes d’incitation à mettre en œuvre, au plan national, pour induire de nouveaux comportements économiques de consommation et d’investissement ou de nouvelles trajectoires technologiques nécessaires pour le respect des engagements environnementaux ; dans cette perspective est privilégié le souci de l’efficacité économique dans la mise en œuvre des incitations, mais sous de multiples contraintes tenant à la prise en compte tant des spécificités sectorielles que des aspects d’efficacité dynamique, très importants dans un secteur où le changement technique et les constantes de temps jouent un rôle important ; - d’autre part sur les modalités et les conséquences de l’extension au plan international des dispositifs d’incitation économique pour l’environnement, dans le cadre des accords internationaux sur l’environnement ; ici dominent les aspects d’équité internationale et d’acceptabilité de différents schémas d’engagement pour différentes catégories de parties à la négociation internationale. L’analyse économique des systèmes d’incitation pour le climat est fondée sur une approche coût-efficacité avec objectif environnemental imposé par une puissance publique nationale ou par une convention internationale. Dans un tel contexte et dans le cadre des approches de l’économie du bien-être, le problème central devient celui du choix des instruments de régulation environnementale, en particulier celui de la régulation par les normes, par les prix ou par les quantités globales (voir en particulier Cropper et Oates, JEL, 1992).C’est notamment l’objet du débat « taxes versus marchés de droits ». Dans ce domaine, les apports de l’école de « l’environmental economics » dans les années 1970 (Dales, 1968 ; Baumol et Oates, 1971 ; Weitzman, 1974) demeurent extrêmement féconds pour éclairer aujourd’hui les voies de la lutte contre le changement climatique. Le débat sur les instruments n’est en effet pas clos, en particulier lorsqu’est prise en compte la nécessaire gestion de l’incertitude sur les coûts et sur les dommages. Cette prise en compte peut en effet déboucher sur des propositions d’instruments hybrides comme la safety valve et renouvelle les données du débat sur les instruments, comme en témoignent les travaux plus récents de Kopp, Morgenstern, Pizer et Toman (1999) et Kopp, Morgenstern et Pizer (2000). Sur la question de l’évaluation économique des architectures internationales, les recherches portent sur l’évaluation des diverses configurations d'engagement et de mise en place d'un commerce international de quotas d’émission entre pays et sur ses effets redistributifs internationaux. Reconnaissant l’impossibilité de dissocier les préoccupations d’efficacité et d’équité en matière de gestion des biens publics globaux (Chichilnisky, Heal, 1999), elles mettent l’accent sur les différentes possibilités d'engagement des pays en développement et sur la nécessité de la différenciation des objectifs en fonction des revenus, mais aussi des structures de consommation préexistantes. Dans cette perspective les recherches permettent de comparer différents types d'engagement possibles pour les pays en développement, en particulier dans des architectures différenciées, dites multi-stage. Elles combinent l’usage du modèle POLES et l’utilisation d’indicateurs adaptés permettant de prendre en compte, en vertu de l’Article 3.1. de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, d’une part la responsabilité historique, et d’autre part la capacité d’agir de chaque Partie à la Convention. [ publications ] __________________________________________ • Changement technique induit et politiques climatiquesChercheurs : O.
Blanchard, P. Criqui, G.
Destais, P. Menanteau, S.
Mima _______________ La recherche porte sur l’analyse économique et la modélisation du changement technique, qui est susceptible à long terme de réduire significativement le coût des politiques de réduction des émissions. Il s’agit ici d’estimer en particulier les effets induits des contraintes et des politiques mises en œuvre sur la direction et l’intensité des processus de changement technique. Pour ce faire, la recherche analyse les dynamiques technologiques à l’œuvre sur les nouvelles technologies de l’énergie, évalue l’impact des politiques visant à accélérer/orienter le changement technique et compare l’efficacité des différents instruments économiques utilisés pour élargir la diffusion de ces technologies. La dichotomie/complémentarité entre politiques de stimulation de la technologie — technology-push — et politiques d’accès aux marchés des nouvelles technologies — demand-pull — constitue une problématique structurante. Les référents théoriques renvoient ici à la fois aux approches néo-classiques du progrès technique (compétition sur la base des coûts, learning by doing de Arrow) et aux développements de l’approche évolutionniste, par la prise en compte des environnements de sélection, des effets de rendements d’adoption croissants et de « dépendance au sentier » au sein de différents portefeuilles technologiques. Divers courants de la littérature sur le changement technique sont mobilisés pour ces recherches ; les travaux sur le progrès technologique induit dans le prolongement des travaux de Hicks (1932), et notamment Popp (2002), Jaffe & Palmer (1997) ou Newell et al., (1998) ainsi que les travaux des évolutionnistes (Nelson & Winter, 1982 ; Rosenberg, 1982 ; Arthur, 1989). De façon plus ciblée, l’analyse des politiques technologiques renvoie également aux travaux sur le choix des instruments d’incitation et en particulier, Downing & White (1986), Milliman & Prince (1989) ou Weitzman (1974). En termes de modélisation, le concept de « courbe d’apprentissage à deux facteurs » (TFLC – Two- Factor Learning Curves) a été approfondi et testé pour différents scénarios. Ce type de spécification, prenant en compte non seulement les effets d’apprentissage, mais aussi les impacts de la R&D sur les performances et les coûts des technologies, a été originellement développé avec d’autres partenaires dans le cadre de projets européens antérieurs, notamment (SAPIENT 5e et 6e PCRD). Cette spécification semble ouvrir une voie de recherche extrêmement féconde et en tout cas constituer un point de passage obligé pour l’endogénéisation du progrès technique dans des modèles « à technologies explicites ». Les résultats observés sur différents modèles sont convergents et permettent d’apprécier l’ampleur et la dynamique de l’impact de programmes de R&D contrastés directement sur le coût des technologies, comme sur un certain nombre d’indicateurs de développement durable. [ publications ] |