Le
renouveau des ensembles économiques régionaux
Journée
d’étude CeDECE
Vendredi 17 mai 2002
Université Pierre Mendès
France
Centre Universitaire de Recherche
Européenne et Internationale
Rapport introductif
Par Yann ECHINARD
Maître de Conférences
à l’Université Pierre Mendès France
Chercheur au C.U.R.E.I.
yann.echinard@upmf-grenoble.fr
La motivation principale de cette
journée d’étude qui est sous le parrainage de la CEDECE, de
l’UFR de Sciences économiques de Grenoble et de
l’Université Pierre Mendès France est de chercher à comprendre
l’intégration régionale de l’économie mondiale
ou plus précisément de chercher à comprendre le renouveau
des ensembles économiques régionaux.
En effet, une des caratéristiques
des relations économiques internationales de ces quinze dernières
années est la montée en puissance du régionalisme
économique. Des cadres institutionnels et/ou des accords commerciaux
privilégiés allant de simples forums interrégionaux
jusqu'à des unions économiques en passant par des zones de
libre-échange et des unions douanières ont en effet
été mis en place dans la plupart des grandes
régions : Amérique latine (Mercosur), Amérique du
Nord (Alena), en Asie (Asean), dans les Caraïbes (Caricom), en Afrique
(Sadc) etc…. Cette recrudescence montre aussi que l’Europe
n’est plus l’unique parangon de l’intégration
régionale.
L’illustration de cette nouvelle
tendance est sans aucun doute l’augmentation des accords notifiés
au GATT et à l’Ogarnisation Mondiale du Commerce : plus de
220 accords ont été notifiés depuis l’après
seconde guerre mondiale, 124 entre 1948 et 1994, et une centaine depuis la
création de l’OMC, c’est-à-dire depuis 1995. Nous
serions donc bien face à une nouvelle configuration de
l’économie mondiale, poussant certains observateurs à se
demander si l’intégration régionale ne serait pas une
nouvelle voie pour l’organisation de l’économie
mondiale. [1]
La décennie quatre-vingt-dix et
le « nouveau régionalisme »
Ce régionalisme économique
n’est cependant pas un phénomène récent puisque les
Etats de se sont toujours efforcés de réduire voire
d’éliminer sur une base mutuelle les obstacles qui entravaient
leurs échanges. Dans une perspective historique lointaine, les travaux
de Fritz Machlup nous rappellent avec force que les économies
nationales se sont construites sur cette base [2],
nous serions tentés de qualifier ces expériences de
régionalisme « national ».
C’est d’ailleurs pour cette
raison que l’article 24 du G.A.T.T. reconnaît les zones de
libre-échange et les unions douanières comme des exceptions
à la clause de la nation la plus favorisée : les accords
d’intégration économique entre « plusieurs pays
ont ou peuvent avoir la même raison d’être sur le plan
économique que le processus d’intégration à
l’intérieur d’un seul Etat souverain. » [3].
De plus, les intégrations régionales constituent a priori des « second
best » en matière d’optimum économique tout
simplement parce qu’il est plus évident de surveiller le
démantélement des obstacles mis aux échanges entre un
petit nombre de partenaires commerciaux avec lesquels existent des relations de
confiance. Autrement dit, régionalisme et multilatéralisme sont
à l’origine des approches complémentaires et non pas
contradictoires ou concurrentes.
Dans une perspective plus récente,
une vague d’accords régionaux s’est développée
à l’issue de l’union douanière européenne de
1957. Cette vague peut être qualifiée de régionalisme
« défensif » puisque ces expériences, dont celles d’Amérique
latine, se sont réalisées dans un environnement fondé sur
des modèles de développement d’importation substitution,
difficilement compatibles avec une intégration régionale. Dans ce
cadre les accords régionaux restèrent formels et peu actifs voire
cessèrent d’être appliqués de facto.
C’est pour cette raison que nous
avons retenu comme thème de réflexion de nos travaux le renouveau
des regroupements économiques régionaux :
« regionalism is back » [4].
Ce renouveau n’est pas seulement
quantitatif (augmentation du nombre d’accords), il est aussi qualitatif
(accroissement des champs d’application). La
décennie quatre-vingt-dix constituerait donc une nouvelle
période de regroupement régional que certains qualifient de
« nouveau régionalisme » [5].
Ce nouveau régionalisme est en effet une combinaison de plusieurs
éléments :
- bien sûr l’émergence
de nouveaux regroupements de pays mais aussi la réactivation
d’anciens accords, le Pacte Andin par exemple ;
- la participation de plus en plus
importante de pays en voie de développement à des accords
régionaux [6] ;
la zone de libre-échange des pays arabes que nous présenteront
Abdelhamid Merad-Boudia et Hadj Saadi est un excellent exemple ;
- le passage de modèle de
développement autocentré à des stratégies
extravertie d’exportation et d’accueil des investissements
étrangers ;
- l’accroissement des champs
d’application de ces accords, le commerce mais aussi
l’investissement, les services, l’agriculture, la
propriété intellectuelle, une coopération
économique, la normalisation des appels d’offre sur les
marchés publics, une assistance financière, une politique de
concurrence, un rapprochement des législations, un dialogue politique
qui conditionne nombre d’accords… La contribution de Jean-Louis Besson
analysant la dimension financière de l’intégration
européenne devrait nous informer sur ces dynamiques
d’intégration de plus en plus
« sectorielles ».
Ce constat réalisé
n’explique cependant en rien les motivations poussant des pays à
participer à des accrods régionaux. Quelles explications peut-on
retenir ?
De l’intégration
naturelle à une intégration formelle : quelques explications
L’ordre économique
international de l’après seconde guerre mondiale a
indéniablement constitué un cadre pivilégiant
l’ouverture des économies nationales. Les différentes
négociations du G.A.T.T. qui se sont traduites par la réduction
des droits de douane ont créé un environnement favorable et le
nombre de pays participant aux cycles de négociations
multilatérales n’a cessé de croître puisqu’il
est passé de 25 à 120 pays entre 1947 et 1993. A ce jour, le
nombre de pays membres de l’Organisation Mondiale du Commerce est
supérieur à 140 et l’entrée de la Chine
à l’O.M.C. est symptomatique de cette tendance. L’O.MC. et
les différentes négociations multilatérales auraient atteint
leurs objectifs en termes de baisse des droits de douane et de suppression des
autres formes d’entraves.
Mais, une fois un certain degré de
libéralisation des échanges réalisé, l’O.M.C.
ne permet pas, ne permet plus de répondre aux besoins et attentes des
acteurs économiques mais aussi des populations face à
l’ouverture croissante de leur économie. L’échec du
sommet de Seattle en décembre 1999 illustre sans doute cette
tendance. La communauté internationale ne produirait plus de biens
publics satisfaisants. Dès lors,
les regroupements régionaux pourraient être une
réponse à cette carence. Ils produiraient des règles
d’équité et de loyauté (fair trade) rendant plus
« acceptable » l’internationalisation des
économies nationales. Ils constitueraient aussi un cadre de
coopération politique, économique et social beaucoup plus
ambitieux car les membres de ces regroupements seraient a priori plus homogènes et surtout leur
nombre serait réduit, la coopération s’en trouverait
facilitée. In fine
l’intégration régionale permettrait de réduire les
tensions entre l’Etat et le marché, elle produirait des biens
publics internationaux sans gouvernement [7].
La communication de Christian Aubin sera consacrée à cette
question.
Les travaux de Baudassé, Montalieu
& Siroen nous le rappellent puisqu’ils classent les objectifs des
regroupements régionaux en trois grandes catégories :
consolider la cohérence interne d’une zone commerciale
(convergence de l’environnement juridique et sociopolitique,
harmonisation des politiques de concurrence et de régulation
sectorielle), soutenir la convergence économique (édiction de
règles de jeu minimales afin d’éviter toute forme de
dumping social, environnemental et monétaire) et promouvoirs des
substituts à des formes d’intégration non
souhaitées (mobilités des biens plutôt que des
facteurs, des capitaux plutôt que du travail). Les accords
régionaux visent donc à éviter et à maîtriser
les effets non désirés de l’intégration
spontanée [8].
L’effondrement du système de
Bretton Woods durant la décennie soixante-dix et
l’instabilité concomitante des changes ont sans doute
été un des facteurs favorisant l’apparition de zones
monétaires et commerciales sous influences créant de facto des dynamiques régionales,
institutionalisées ou non [9].
La dimension monétaire de l’intégration régionale
peut en effet prendre différentes formes : union monétaire,
système de taux de change fixes, ancrage, zones cibles mais aussi dollarisation [10].
La présentation d’Alain Laurent sera consacrée
à ce thème. Les crises financière récentes peuvent
aussi être analysées comme des forces favorisant des regroupements
régionaux [11].
Jean-Christophe Simon nous confirmera ou infirmera ce lien en étudiant
le cas des pays d’Asie.
Le décollage des pays nouvellement
industrialisés et leur insertion dans l’économie
internationale ont constitué autant de pôles de croissance et de
développement des échanges commerciaux et financiers intra-zones.
Les pays d’Asie du sud-est ainsi que les pays d’Amérique
latine sont des « produits » de la nouvelle division
internationale du travail [12].
Leur relative similarité économique leur permet d’envisager
le renforcement de leur intégration à l’échelle
régionale. Il sera intéressant d’écouter ce matin la
communication de Célia Himelfard sur la crise argentine et le rôle
joué par le Mercosur en tant qu’instrument
d’ajustement [13].
Dans ce panorama, il ne faut pas oublier trois grands pays
« producteurs » et/ou
« réservoirs » de forces centripètes
à l’échelle régionale : la Chine, l’Inde
et l’Afrique du Sud.
« L’éclatement »
du bloc soviétique, la fin du bipolarisme et de la guerre froide ont
également suscité l’apparition de nouvelles sources
d’intégration régionale [14].
La « grande politique » cède le pas à la
« petite politique ». Les conflits et différends
économiques et commerciaux ne sont plus
« couverts » par des enjeux géopolitiques.
Cet
« éclatement » marquerait aussi le retour de la
géographie et de la dimension naturelle des échanges. Le
renouveau des travaux empiriques s’appuyant sur les modèles de gravité
rappelle que les regroupements régionaux sont avant tout le produit
d’un phénomène structurel lié à un ensemble
de facteurs de proximité : l’importance des coûts de
transport, la similitude des goûts, des modes de consommation, les liens
culturels, historiques et linguistiques, la similarité des
systèmes politiques, des structures économiques, des niveaux de
vie et des politiques commerciales… autant d’éléments
favorisant l’intensification des échanges
intra-régionaux [15].
Sur ce thème, nous serons attentifs aux idées
développées par Aurora Trigo mais aussi par Pierre Berthaud.
Cet
« éclatement » pourrait marquer enfin la fin
d’une période particulière, celle de
l’hégémonie américaine. Si sur le plan
monétaire et militaire une telle idée pourrait paraître
saugrenue, sur le plan commercial,
elle mérite sans doute une certaine attention [16].
Le retour de la géographie
s’explique bien sûr par les effets de polarisation : soit par
l’existence préalable d’un regroupement régional,
c’est le cas des pays d’Europe Centrale et Orientale
vis-à-vis de l’Union européenne, soit par l’existence
d’un grand pays, c’est le cas des Etats-Unis vis-à-vis du
Canada et du Mexique, du Brésil au Mercosur, de l’Afrique du Sud
au sein du SADC etc…
Ce balayage explicatif n’est bien
sûr pas exhaustif. L’exploration d’autres champs et
disciplines pourraient être utiles à la compréhension
d’un concept flou. Guy Guillermin, je crois, se chargera de nous en
convaincre. Une analyse en termes d’économie politique mettrait
sans doute en avant le rôle déterminant des groupes de
pression [17], les
politologues insisteraient sur la notion de sécurité, de pouvoir
de négociation à l’échelle internationale et du
rôle hégémonique de certains pays (le cas de l’Asean
ou de l’Alena serait un champ d’étude intéressant
à ce sujet), les sociologues chercheraient peut-être du
côté de la notion d’identité… Michel Vigezzi
nous illuminera, je l’espère, de ses connaissances
hétérodoxes. Mais
bien sûr, je crains qu’en une journée nous ne puissions
aborder l’ensemble de ces questions.
Ces différentes explications,
très générales, ne doivent pas nous faire oublier que le
phénomène de régionalisation de l’économie
mondiale est protéiforme. Ce caractère protéiforme
justifie le titre de ce rapport introductif : d’une
régionalisation à l’autre.
D’une régionalisation
à l’autre…
Si la régionalisation est un
concept très souvent utilisé, si nombre d’observateurs
valident l’idée qu’il existe un phénomène de
régionalisation de l’économie mondiale, ce concept est
rarement défini.
Il apparaît dès lors
nécessaire de chercher à décrypter les différentes
expériences d’intégration régionale :
régionalisation naturelle, régionalisation ouverte, d’association,
minilatéralisme, régionalisation contrepoids,
fermée… Cette pluralité des dynamiques montre avec clarté le
caractère protéiforme de ces expériences
régionales. Autrement dit, si des regroupements régionaux
émergent à nouveau depuis une quinzaine d’années,
les dynamiques structurantes et les motivations ne sont pas identiques
d’une région à une autre.
A ce titre il semble intéressant
d’explorer trois principales réalités de la
régionalisation : le minilatéralisme, l’apprentissage
de l’internationalisation et un lieu de production de biens publics, une
stratégie d’intégration.
1 - Régionalisation :
minilatéralisme
La régionalisation peut être
définie ici comme un second best de nature essentiellement commerciale.
Ce qui ne peut être réalisé dans le cadre de
l’Organisation Mondiale du Commerce doit être réalisé
à l’échelle régionale.
2 - Régionalisation :
apprentissage de l’internationalisation des économies,
maîtrise du multilatéralisme et producteur de biens publics
Cette analyse de la
régionalisation cherche à mettre en évidence en quoi un
regroupement régional peut faciliter l’internationalisation
d’économies longtemps protégées.
3 - Régionalisation :
stratégie d’intégration
Il est sans aucun doute nécessaire
de différencier l’ouverture commerciale concertée à
l’échelle régionale et la mise en place de
stratégies d’intégration. Ces dernières ne sont pas
essentiellement de nature économique mais aussi de nature politique. A
ce jour, seule l’expérience européenne peut
véritablement entrer dans cette catégorie. La contribution de Jacky Fayolle
nous l’indiquera sans doute.
Et la mondialisation ?
Ce renouveau de
l’intégration régionale alimente un débat
récurrent : est-ce que l’intégration régionale
constitue un danger pour le système commercial mondial dans la mesure
où elle se traduit par la formation de plusieurs blocs commerciaux ? [18]
Cette recrudescence de projets
d’intégration régionale constitue-t-elle un défi
voire une remise en cause du système commercial mondial [19]
ou bien une simple étape de la libéralisation globale des
échanges [20] ?
La fin du vingtième siècle
nous aurait-elle fait entrer dans un monde multi-polaire ?
La mondialisation n’aurait-elle
qu’été un phénomène régional ?
qu’un phénomène trompe l’oeil ? Les travaux
d’Obsfeld & Rogoff nous incitent, peut-être à explorer
cette voie… [21]
Pierre Bailly nous en parlera.
Je ne voudrais point conclure ici un thème si
présent dans la littérature. Je ne ferais qu’un constat, le
régionalisme au service du multilatéralisme ne serait plus…
« Seule l’Union
européenne a été suffisamment large et a eu une
durée de vie suffisamment longue (en termes d’expérience
d’intégration régionale) permettant d’identifier les
conséquences sur le système commercial mondial, c’est
dès lors plus ou moins impossible de séparer les leçons
génériques et spécifiques d’une telle
expérience. Peut-être que l’unique et non-ambigue
enseignement serait que la création d’un bloc régional ne
conduit pas nécessairement à une rupture immédiate du
système commercial mondial. » [22]
Comme nous le suggère avec
beaucoup d’humilité Alan Winters, le débat
régionalisation versus multilatéralisme peut difficilement
être tranché à ce jour. Nous manquons indéniablement
de retour d’expériences.
Par contre ne pourrions-nous pas formuler
une explication historique à ce mouvement qui serait la suivante :
la régionalisation de l’économie mondiale constitue une
étape indispensable et incontournable de la nouvelle
société économique internationale qui cherche de fait de
nouveaux modes de gouvernance [23].
Les dynamiques de régionalisation à l’œuvre dans le
monde depuis une quinzaine d’années seraient un des moteurs de la
nouvelle gouvernance mondiale.
Quelques
références
Baldwin
R.E., Cohen D., Sapir A. & Venables A. (1999) Market
Integration, Regionalism and the Global Economy, Cambridge, Cambridge
University Press.
Breslin S.
& Higott R. (2000) Studying Regions, New Political Economy,
vol.5, n°3, November.
Commissariat
Général du Plan (2001) L’intégration
régionale. Une nouvelle voie pour l’organisation de
l’économie mondiale ?, Bruxelles, De Boeck.
Couffignal G. (2001)
« L’Amérique latine, entre démocratisation et
mondialisation », in RAMSES 2002, Paris, IFRI/Dunod,
p. 173-190.
Fouquin M.
& Siroën J.M. (1998) « Régionalisme et
multilatéralisme sont-ils antinomiques ? », Economie
Internationale,
n°74, 2e Trimestre, p. 3-14.
Frankel J.A. (ed.)
(1998) The Regionalization of the World Economy, Chicago, University of
Chicago Press.
Godement F. (2001)
« L’asie entre globalisation, construction régionale et
équilibre des puissances », in RAMSES 2002, Paris, IFRI/Dunod,
p. 159-172.
Mattli
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University Press.
Organisation
Mondiale du Commerce (1995) Le régionalisme et le système
commercial mondial,
Genève.
Ramses
1997 (1996) Les réalités de l’intégration
régionale,
Paris, IFRI/Dunod, p. 231-256.
Siroen J.M. (2000)
La régionalisation de l'économie mondiale, Paris,
La Découverte, Collection Repères, n°288.
Quelques données
statistiques de base
Tableau :
Commerce intra-régional en pourcentage des exportations totales des
blocs régionaux
|
|
1970 |
1980 |
1990 |
1998 |
|
Union
européenne |
59,5 |
60,8 |
65,9 |
55,2 |
|
Alena |
36,0 |
33,6 |
41,4 |
51,7 |
|
Mercosur |
9,4 |
11,6 |
8,9 |
25,1 |
|
SADC |
1,4 |
0,3 |
2,8 |
10,2 |
|
ASEAN |
22,3 |
17,2 |
18,9 |
20,4 |
Source :
Shams 2002
Tableau : Evolution
de la part des échanges intra-régionaux sur longue période
1938-1999
|
|
1938 |
1958 |
1979 |
1999 |
|
Europe de
l’Ouest |
48,8 |
52,8 |
66,2 |
69,1 |
|
PECO & Ex-Urss |
13,2 |
61,2 |
54,0 |
26,1 |
|
Amérique du
Nord |
22,4 |
31,5 |
29,9 |
39,6 |
|
Amérique latine |
17,7 |
16,8 |
20,2 |
16,0 |
|
Afrique |
8,8 |
8,1 |
5,6 |
9,9 |
Source : O.M.C.
(1995) & O.M.C. (2000) International trade statistics 2000, Geneva, November.
Tableau : Ratio
d’exportations ou d’importations extra-zone/exportations ou
importations totales 1990-1999
|
|
1990 |
|
1999 |
|
APEC |
32,5 |
X |
30 |
|
|
34,6 |
M |
28,2 |
|
UE |
35,1 |
X |
36,5 |
|
|
37,0 |
M |
37,8 |
|
ALENA |
57,4 |
X |
45,9 |
|
|
65,6 |
M |
59,5 |
|
ANASE |
79,9 |
X |
77,9 |
|
|
83,8 |
M |
77,1 |
|
ALEEC |
- |
X |
88,0 |
|
|
- |
M |
90,5 |
|
Mercosur |
91,1 |
X |
79,7 |
|
|
85,5 |
M |
81,0 |
|
ANDIN |
95,7 |
X |
91,1 |
|
|
92,3 |
M |
88,3 |
Source : Organisation mondiale du Commerce
(2000) Statistiques du commerce international 2000, Genève.
Tableau : Ratio
d’exportations ou d’importations intra-zone/exportations ou
importations totales 1990-1999
|
|
1990 |
|
1999 |
|
APEC |
67,5 |
X |
71,0 |
|
|
65,4 |
M |
71,8 |
|
UE |
64,9 |
X |
63,5 |
|
|
63,0 |
M |
62,2 |
|
ALENA |
42,6 |
X |
54,1 |
|
|
34,4 |
M |
40,5 |
|
ANASE |
20,1 |
X |
22,1 |
|
|
16,2 |
M |
22,9 |
|
ALEEC |
- |
X |
12,0 |
|
|
- |
M |
9,5 |
|
Mercosur |
8,9 |
X |
20,3 |
|
|
14,5 |
M |
19,0 |
|
ANDIN |
4,3 |
X |
8,9 |
|
|
7,7 |
M |
11,7 |
Source : Organisation mondiale du Commerce
(2000) Statistiques du commerce international 2000, Genève.
Encadré :
Quelques exemples d’intégrations régionales
Récentes...
Les associations et
forums
- L'APEC
(Asia-Pacific Economic Cooperation) : un forum ou groupe de coopération
Asie-Pacifique regroupant 21 pays. Lancée par l'Australie en 1989, le
thème d'abolition des barrières douanières a
été officiellement lancé fin 1994, avec comme objectif
l'Union économique progressive suivant les pays entre 2010 et 2020.
Composent ce forum : l'ALENA, l'ALEA, Autralie, Nouvelle-Zélande,
Japon, Corée du Sud, Chine, Hong Kong, Taïwan,
Papouasie-Nouvelle-Guinée et Chili, 2,1 milliards de
consommateurs ;
- ASEM (Asia/Europe
Meeting) :
forum regroupant les 15 pays membres de l’UE, les 7 pays de
l’ASEAN, la Chine, la Corée du Sud et le Japon. Ce forum cherche
à établir un dialogue euro-asiatique, promouvoir la
coopération dans les domaines scientifique et culturel. Comme
l’APEC, l’ASEM a créé un forum d’hommes
d’affaires.
- TAFTA
(Transatlantic Free Trade Agreement) :
ce forum regroupe l’Amérique du Nord et l’Union
européenne. Il a été initié par le Canada en 1994
qui souhaitait impulser la création d’une zone de
libre-échange. Cet objectif beaucoup trop ambitieux a laissé
place à une démarche beaucoup plus progressive et plus large
puisque l’Agenda transatlantique répertorie divers domaines de
coopération tels que le processus de paix au Proche-Orient ou la lutte contre le trafic de drogue.
Les zones de
libre-échange
- L’ALENA ou
NAFTA (L'Association de Libre Echange Nord Américain) : regroupant 3
pays, Etats-unis, Canada et Mexique, entré en vigueur en janvier 1994,
360 millions de consommateurs, n'est qu'une simple zone de
libre-échange, il n'y a pas de tarif extérieur commun ;
- L'ASEAN ou ANASE
(Association des Nations de l’Asie du Sud-Est) : regroupant 10 pays,
accord de libre échange asiatique, 1992, Brunei, Indonésie,
Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam, Burma, Cambodge,
Laos ;
- Le COMESA
(Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique
australe) :
accord de libre-échange signé en 2000 par neuf pays, Djibouti,
Egypte, Kenya, Madagascar, Malawi, Maurice, Soudan, Zambie, Zimbabwe. Cette
zone représente 170 millions de personnes.
Les unions
douanières
- Le MERCOSUR
(MERcado COmmun del SUR) : regroupant 4 pays, Argentine, Brésil,
Uruguay, Paraguay, entré en vigueur en janvier 1995, 200 millions de consommateurs,
union douanière dotée d'un TEC fixé en moyenne à
11%. Le MERCOSUR est doté d'une commission de commerce de type
intergouvernemental. Il existe en partie depuis 1991 puisque les pays ont
baissé leurs droits de douane progressivement (au départ zone de
libre-échange). Depuis cette date, le commerce entre ces quatre pays a
plus que doublé. Un accord de libre-échange a été
signé entre le Mercosur, le Chili et la Bolivie depuis 1996 ;
- Le Pacte Andin : regroupant 5
pays, zone de libre-échange créée en 1969 entre la
Bolivie, la Colombie, l'Equateur, le Pérou, le Vénézuela.
Union douanière depuis janvier 1995 ;
- La SADC (Southern
African Development Community), union douanière articulée autour
de l’Afrique du Sud.
Marché commun
et union monétaire
- L'Espace Economique
Européen :
Union Européenne, Norvège, Islande et Liechtenstein,
350 millions de consommateurs, entré en vigueur le 1er janvier
1994, ce n'est pas une simple zone de libre-échange, c'est un
marché unique, Union douanière, politique commerciale
unique… ;
- L’union
européenne : marché commun comprenant 15 pays et union monétaire pour les 12
pays membres de la zone euro.
...et moins
récentes
Cela fait longtemps que
les Etats s’efforcent de réduire ou d’éliminer sur
une base mutuelle les obstacles qui entravent leur commerce comme
l’attestent les exemples suivants (Machlup 1976).
Grande-Bretagne : projets
d’union entre l’Angleterre et l’Ecosse en 1547-1548, et Union
des Couronnes en 1603 ; l’Acte d’Union de l’Angleterre
et de l’Ecosse signé en 1703 a établi l’union
politique ainsi qu’économique.
France : échec du
plan élaboré par Colbert en 1664 pour regrouper toutes les
provinces du Royaume dans une union douanière prévoyant le
libre-échange interne ; abolition de tous les obstacles
intérieurs par le gouvernement révolutionnaire en 1789-1790.
Canada : l’Ontario,
le Québec, la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick ont passé
un accord de libre-échange pour les produits alimentaires et les
matières premières en 1850 ; l’union, en tant qu’entité
unique, a conclu avec les Etats-Unis d’Amérique, en 1854, un
traité de réciprocité supprimant tous les droits d’importation applicables aux produits
naturels des deux nations. La Confédération canadienne de 1867 a
instauré le libre-échange interne.
Etats-Unis
d’Amérique : à l’origine, les colonies
américaines appliquaient des régimes tarifaires
séparés comportant un nombre limité de droits ; la
Constitution adoptée en 1789 a interdit aux diférents Etats de
percevoir des droits sur leur commerce mutuel.
Union
douanière allemande : projet de création d’une union
douanière entre les Etats sécessionnistes allemands qui, à l’époque
(1813-1815) appliquaient des droits de douane à 38
frontières ; la Prusse
a aboli les droits intérieurs en 1818 et, par des traités
bilatéraux et multilatéraux signés entre 1818 et 1828, a
établi trois unions douanières :
1/Wurtemberg-Bavière, 2/preusse-Hesse-Darmstadt, 3/Union allemeande
centrale ; un traité
signé en 1833 a finalement établi une union douanière
allemande unique qui a été en vigueur de 1834 à 1871.
Parmi les autres
exemples d’unions douanières constituées en Europe, on peut
citer cinq accords conclus entre :
- l’Autriche et
les pays voisins entre 1775-1879 ;
- la
Confédération suisse établieen 1848 et prévoyant
une union économique ; l’union douanière regroupant
les Etats italiens entre 1860 et 1866 ;
- une union
douanière établie entre la Suède et la Norvège en
1874-1875 ;
- une union
douanière constituée par la Belgique et le Luxembourg en
1921 ;
- et l’union douanière
du Benelux créée par la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas
en 1944 et entrée en vigueur en 1947.
Encadre : La
régionalisation sur la toile
1 - Organisation Mondiale du Commerce
Regionalism gateway : http://www.wto.org/english/tratop_e/region_e/region_e.htm
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Regionalism : links to related
websites : http://www.wto.org/english/tratop_e/region_e/reglnk_e.htm
World Bank-WTO forum on Regionalism : http://www.itd.org/forums/forreg.htm
2 - Commission européenne
Direction générale des affaires
économiques et
financières
NAGARAJAN N. (1998) Regionalism and the
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3 - World Bank
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WINTERS
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http://econ.worldbank.org/
3 - Hamburg Institute of
international Economics
SHAMS R. (2002) Why Do Countries
Form Regions? The Political Economy of Regional Integration, HWWA Discussion
Paper 169 : http://www.hwwa.de/hwwa_engl.html
4 - Federal Reserve Bank of Kansas
City
Global Economic Integration : Opportunities
and Challenges, A symposium sponsored by the Federal Reserve Bank of Kansas
City Jackson Hole, Wyoming, August 24-26, 2000 : http://www.kc.frb.org/publicat/sympos/2000/sym00prg.htm
5 - Groupe de Recherche sur
l’Intégration Continentale
Régionalisme et intégration en Amérique :
http://www.unites.uqam.ca/gric/pub_reg_amerique.html
Régionalisme et intégration en
Europe : http://www.unites.uqam.ca/gric/pub_reg_europe.html
Régionalisme
et intégration en Aise : http://www.unites.uqam.ca/gric/pub_reg_asie.html
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