Séminaire de l’ADEST

14 octobre 1997

Comment les grands centres de recherche français appréhendent et utilisent la veille technologique et / ou la scientométrie.

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CIRAD, l’observatoire du changement :

la prospective stratégique au service de la programmation

 

Marie de Lattre-Gasquet** et Georgette Charbonnier**

 

 

Gaston Berger en nous invitant à "considérer l’avenir non plus comme une chose déjà décidée et qui, petit à petit, se découvrirait à nous, mais comme une chose à faire" dit que l’avenir est multiple et incertain, et qu’il reste à faire. Comme l’avenir est incertain, pour réduire les incertitudes qui font peur, nous avons tendance à rechercher des invariants, à nous attacher à l’existant et à croire qu’il va se poursuivre. Nous faisons des prévisions qui sont une poursuite des tendances actuelles (en supposant que nous les avons bien observées). Comme l’avenir est domaine de liberté, il est possible de se préparer aux changements anticipés (c’est la préactivité), et même provoquer des changements (c’est la proactivité). Comme l’avenir est domaine de pouvoir, il faut reconnaître que nous ne sommes qu’un acteur parmi de multiples autres et qu’il faut prendre en compte le jeu des autres acteurs. Enfin, comme l’avenir est domaine de volonté, alors il est possible de définir des objectifs et de concevoir le futur que l’on souhaite.

 

Les responsables d’entreprise disposent de différents outils pour gérer au mieux leur entreprise. La prospective stratégique est l’un des outils choisis par le CIRAD.

 

 

 

Le CIRAD, un établissement public de recherche agricole travaillant en coopération avec les pays du Sud

 

Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) a été créé en 1985 à partir d'instituts eux-mêmes constitués pendant la période coloniale. Ces instituts avaient pour mission d'entreprendre des recherches afin d'améliorer les productions agricoles, forestières et animales dans les régions tropicales et de développer leurs débouchés sur les marchés locaux ou à l’exportation. Au moment de sa création, le CIRAD comptait onze départements, jusqu’alors instituts indépendants, ayant des statuts différents : association, société d'Etat ou établissement public. Suite à des restructurations, il y a a aujourd’hui sept départements. Le CIRAD est placé sous la cotutelle des ministères chargés de la recherche et de la coopération. Il emploie 1800 personnes (dont 900 chercheurs). Il travaille en liaison avec des institutions publiques de recherche, des sociétés de développement et des entreprises agro-alimentaires et agro-industrielles soit par l’intermédiaire de chercheurs en affectation (plus du tiers du personnel est en poste outre-mer, réparti dans une cinquantaine de pays), soit à partir de missions ponctuelles ou répétées. Environ les deux tiers de son budget proviennent du budget civil de recherche et de développement technologique (BCRD); le reste provient de la vente de produits, de marchandises et de prestations de service.

 

Le CIRAD se trouve dans un environnement où les facteurs économiques et politiques (français et extérieurs) changent rapidement. Pour mobiliser l’ensemble du personnel sur des objectifs clairs et partagés, il doit les analyser et, dans la mesure du possible, prévoir leur évolution afin d’être pro-actif, c'est-à-dire agir pour anticiper les changements plutôt que les subir. C’est la raison pour laquelle, en 1989, le CIRAD a commencé à préparer un projet d’entreprise. En 1993, il s’est lancé dans un exercice de prospective qui a débouché d’une part sur un document de travail (Prospective et options stratégiques pour le CIRAD. Rapport du groupe prospective et stratégie) et d’autre part sur la création de l’observatoire du changement.

 

 

 

L’observatoire du changement : objectifs et méthodes de travail

 

Après une mission d’étude, en août 1996, l’observatoire du changement a été créé au CIRAD pour animer, appuyer sur le plan méthodologique les activités de prospective et d’analyse stratégique, et pour en diffuser les résultats. Il est rattaché à la direction scientifique. Il travaille donc depuis un an.

 

Pour définir les objectifs et méthodes de travail de l’observatoire du changement, une analyse approfondie des expériences précédentes menées au CIRAD (projet d’entreprise et groupe prospective et stratégie) a été faite, ainsi que des visites dans d’autres centres de recherche français. Elles ont conduit à faire des choix.

 

En premier lieu, il a été constaté que la décision (l’action) reste souvent intuitive. Néanmoins, pour limiter les risques, si un grand nombre de gens variés réfléchissent ensemble (anticipation), ils intègrent ainsi plus ou moins consciemment les idées des autres (appropriation). (cf. Michel Godet).

 

Les expériences du projet d’entreprise et du groupe prospective et stratégie avaient confirmé le lien fort qui existe entre l’anticipation, l’appropriation et l’action. Dans le cas du projet d’entreprise, de nombreuses discussions avaient eu lieu au sein du CIRAD et avec des organismes extérieurs (ministères, partenaires de recherche, etc.). Les réformes en avaient été facilitées et le CIRAD avait alors développé un "réseau socio-économique favorable". Dans le cas du groupe prospective et stratégie, le travail avait été fait par un groupe d’une vingtaine de chercheurs du CIRAD. L’appropriation interne n’avait pas eu lieu et n’avait pas été compensée par les consultations externes.

 

L’observatoire du changement a donc choisi de conduire et d’animer des réflexions pour s’assurer de leur appropriation et ainsi faciliter l’action. Il mène peu d’études seul. Ce n’est pas une unité de recherche, mais une unité d’aide à la décision.

 

Par conséquent, pour cette démarche de prospective stratégique, il y a trois groupes d’acteurs:

 

- les décideurs qui "passent une commande" car ils recherchent des informations en vue de décisions ;

- les spécialistes qui, chacun dans leur domaine, collectent et analysent les informations et rédigent les fiches ;

- les animateurs, qui connaissent la méthode, animent le travail des spécialistes, le digèrent afin de le transmettre aux décideurs. Ce sont des intermédiaires.

 

L’observatoire du changement a essentiellement un travail d’animation, même si pour aider au démarrage des travaux, il doit parfois faire un travail de spécialiste.

 

 

Deuxièmement, il a été constaté que le contexte change rapidement, et que la réflexion risque d’être vite en retard sur les évènements. L’objectif de la prospective n’est pas de prévoir l’avenir, mais de se préparer à des avenirs. Pour conduire à des décisions et des actions, il a été décidé que les projets devraient avoir une durée déterminée et courte. L’observatoire du changement définit donc un programme de travail annuel avec quatre à cinq projets par an.

 

Pour la première année d’activité, l’observatoire du changement avait trois projets :

 

- une synthèse de rapports de prospective sur les industries alimentaires dans le monde, commande faite par le Groupement d’intérêt scientifique Recherche Industries Alimentaires (GIS-RIA). Une analyse de documents prospectifs sur les industries alimentaires a donc été faite par l’observatoire du changement avec des chercheurs du CIRAD spécialisés en technologie alimentaire et en consultant de nombreux documents ;

 

- une étude stratégique sur les relations du CIRAD avec les entreprises, commande de la direction du CIRAD ;

 

- un exercice de prospective sur le cacao, avec les chercheurs du CIRAD, commande de la direction du CIRAD. Le travail est mené avec les chercheurs du programme cacao, d’autres chercheurs du CIRAD qui travaillent sur ce produit et les documentalistres du CIRAD.

 

Au cours de la seconde année d’activité, l’observatoire du changement va terminer l’exercice de prospective cacao et animer un exercice de prospective en Guadeloupe ainsi qu’un exercice de prospective sur l’amélioration des plantes.

 

 

 

L’exercice de prospective cacao

 

Présentation générale et méthode

 

Il a été décidé de faire un exercice de prospective cacao, c’est à dire sur une filière pour trois raisons :

- parce que, a priori, la filière cacao semblait à la fois "simple" et en évolution : le cacao est produit dans un nombre limité de pays, le secteur de la transformation est en cours d’intégration verticale, les organisations de pays producteurs sont peu actives;

 

- parce que l’analyse de filière semble être un outil d’aide à la programmation, et que le département cultures pérennes du CIRAD doit réaliser fin 1997 un schéma pluri-annuel de programmation. Le schéma précédent réalisé en 1992 était considéré comme un "inventaire à la Prévert". Il fallait tester une autre méthode de travail ;

 

- parce que le programme cacao du CIRAD représente une part importante de la recherche sur le cacao dans le monde, et que la recherche doit avoir un rôle moteur au sein de la filière.

 

Depuis le début de l’exercice, en juin 1996, le groupe de travail "prospective cacao" s’est réuni cinq fois et a rassemblé à chaque fois entre quinze et vingt chercheurs t les documentalistes concernés. Les chercheurs expatriés n’ont pu participer qu’à une seule des réunions (septembre 1997), mais ils ont reçu tous les compte-rendus de réunion et les rapports.

 

Il est prévu de réaliser le travail de prospective en neuf étapes (cf tableau 1) :

 

0. Préparation de l’exercice

1. Constitution d’un base d’informations.

2. Recherche des facteurs déterminants d’évolution.

3. Analyse du jeu des acteurs.

4. Construction de scénarios d’environnement.

5. Analyse des tendances lourdes internes.

6. Identification des options stratégiques pour la recherche CIRAD.

7. Evaluation des options stratégiques par rapport aux scénarios.

8. Rédaction du document de prospective et du schéma de programmation.

 

 

La première étape du travail (0) a consisté à essayer de se poser les bonnes questions et "à identifier les variables de toute nature, qui exercent ou sont susceptibles d’exercer une influence sur le problème étudié" (de Jouvenel, 1993). Pour ce faire, les membres du groupe se sont réunis pour amorcer la dynamique du groupe, découvrir les problèmes et commencer la réflexion. Quatre domaines ont été identifiés comme clefs pour l’avenir de la filière cacao dans le monde : la situation dans les pays actuellement ou potentiellement producteurs : les acteurs de la filière (producteurs, broyeurs, chocolatiers, chercheurs, Etat, etc.) ; les thématiques scientifiques ; des questions transversales, telles que la qualité, la réglementation, etc..

 

 

Une base d’analyse a été constituée avec une trentaine de fiches (étape 1). Elles proposent une analyse rétrospective et actuelle de chaque variable, indiquent les facteurs déterminants, les tendances, les éléments possibles de rupture et les facteurs de changement. Leur rédaction par les chercheurs a été l’occasion d’expliciter certaines questions, ou d’améliorer la connaissance de marchés, de régions géographiques et d’acteurs de la recherche et du développement (annexe 1 : plan-type des fiches pays). Les chercheurs ont commencé à se poser des questions sur leur mission en tant que chercheurs d’un établissement public à caractère industriel et commercial français dans la filière. Ils se sont approprié le travail de prospective. La construction de cette base d’analyse a également permis de déterminer les variables clefs d’évolution de la filière cacao, et d’analyser le passé et la stratégie des acteurs.

 

La définition des facteurs déterminants pour l’évolution de la filière a été affinée (étape 2) : les facteurs de production, la consommation, la qualité, les parasites et les maladies, et les acteurs. Pour chacun de ces domaines, les tendances lourdes, les incertitudes majeures et les ruptures possibles ont été identifiées. Des jeux d’hypothèses (un jeu d’hypothèse tendanciel et plusieurs jeux d’hypothèses contrastées) ont été proposés.

 

L’exercice est encore en cours. Il a été décidé de remettre à plus tard le travail sur de représentation du jeu des acteurs (étape 3) car les chercheurs manquent d’informations sur ce sujet. Des scénarios commencent à être formulés (étape 4).

 

L’analyse interne (étape 5) a débuté avec d’une part des premiers bilans des travaux scientifiques réalisés, et d’autre part des analyses bibliométriques dont les objectifs sont de mieux évaluer les activités du CIRAD au cours des douze dernières années, de voir les autres recherches entreprises dans le monde sur le cacao afin de situer les recherches du CIRAD dans ce contexte.

 

Les dernières étapes n’ont pas encore débuté. En effet, le travail de la constitution de la base de données a pris plus d’un an. C’était trop long, mais il semble difficile d’aller au-dessous de six à huit mois pour qu’un maximum de chercheurs basés en France et à l’étranger s’impliquent et ainsi s’approprient le travail.

 

 

La bibliométrie comme aide à la réflexion dans l’exercice de prospective

 

L’idée de faire appel à la bibliométrie a été émise par les documentalistes conviées à la réunion de préparation. Mais ce concept était hermétique à la plupart des participants. Lors de la réunion suivante, un exposé a été fait sur le principe de la bibliométrie et son application à l’exercice de prospective. Une revue des différents types et sources d’information sélectionnés a essayé de préciser l’articulation et la complémentarité entre bibliométrie et prospective.

 

 

 

Types d’information

 

Sources d’information

 

Methodes

 

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-------------------------------------------------

 

-----------------------

 

Information structurée

de type texte

 

Bases de données bibliographiques internes et externes

 

Base de données factuelles interne

 

 

Analyses

bibliométriques

 

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-------------------------------------------------

 

-----------------------

 

Information informelle

de type expertise

 

Base d’informations (sous la forme de fiches) liée à la connaissance et au savoir faire des experts

 

 

Analyses

prospectives

 

L’étude bibliométrique a été envisagée en quatre étapes :

 

- Analyse de la filière cacao au CIRAD ;

- Analyse de la filière cacao au niveau mondial ;

- Positionnement du CIRAD au sein de la filière cacao ;

- Sujets à étudier plus particulièrement en fonction des besoins des experts : thématiques transversales (qualité, santé, produits de substitution...) ; secteur : la propriété industrielle.

 

La première étude est donc une analyse rétrospective sur les 12 dernières années (1985-1996) des activités et des travaux du CIRAD sur le cacao. Ce pas de temps a été choisi afin d’obtenir l’image la plus significative de l’évolution au cours du temps de l’activité des chercheurs.

 

Je ne vais pas vous présenter des résultats mais vous exposer la démarche suivie, les difficultés rencontrées et les conclusions qui en ont été tirées.

 

Le CIRAD est un organisme de recherche-développement en coopération. Ces deux facettes de l’activité des chercheurs devaient donc être prises en compte.

 

L’activité de recherche et de recherche-développement peut s’évaluer au travers des publications (articles de périodiques, communications de congrès... ) ou des travaux universitaires. Ces informations ont été obtenues facilement par interrogation de la base de données bibliographique interne Agritrop sous Texto qui recense la littérature produite par les chercheurs du CIRAD. C’est une source d’informations fiable.

 

Elle se concrétise également par des actions de coopération sous la forme de missions ponctuelles ou régulières auprès de nos partenaires ou de clients extérieurs. Cette information est gérée au sein d’un système automatisé d’informations nommé Atlantis, développé à la demande de la direction et qui comprend un ensemble de bases de données relationnelles sous Oracle : agents, CV, stagiaires, projets de recherche, missions... (cf. tableau 2)

 

Les informations contenues dans la base Atlantis-mission se présentent sous la forme d’une fiche de compte-rendu synthétique de mission remplie par le missionnaire à son retour. Chaque département du CIRAD est responsable, en la personne d’un correspondant scientifique, de l’alimentation de cette base commune. Mais il n’y a pas véritablement de contrôle des informations et jusqu’à récemment le remplissage des fiches de compte rendu de mission n’était pas systématique. Pour notre étude, la base Atlantis-mission ne pouvait donc être considérée comme la source unique d’information sur les missions. Il a été nécessaire d’interroger la base de données documentaire afin d’en extraire les réferences bibliographiques des rapports de mission. Les informations extraites de ces deux sources ont été rassemblées dans un même fichier.

 

Le télédéchargement des données des fiches Atlantis-mission et leur reformatage en format Texto n’a pas posé de problème. Les difficultés ont surtout été liées à l’homogénéisation des données :

 

- L’orientation de la base Agritrop et de la base Atlantis-missions est différente. L’une est centrée sur le référencement du document et l’autre sur le référencement de l’activité. Les informations données ne sont donc pas identiques (cf tableau 3). Il a été nécessaire de compléter chacune des références en fonction de sa provenance :

 

- une mission peut être signalée soit dans une seule des bases soit dans les deux bases. Or il n’existe pas de liens automatiques pour contrôler les doubles et faciliter la mise en relation des informations respectives ;

 

- un même rapport de mission signalé dans la base de données documentaire peut avoir des auteurs multiples (sont-ils tous missionnaires ?), être une synthèse de plusieurs missions (caractéristiques de chacune d’elles ?), concerner plusieurs pays, plusieurs filières et plusieurs thématiques (quelles informations se rattachent au cacao?)

 

Une validation rétrospective par les experts du contenu de certains champs comme la nature de la mission s’est avéré indispensable.

 

 

L’exploitation des données sur les missions dans une optique de synthèse et de production d’indicateurs n’avait encore jamais été entreprise. Ce travail a donc permis qu’une réflexion s’engage entre les gestionnaires de la base Atlantis-mission et les documentalistes. Les types de natures de mission ont été modifiés et accompagnés d’une définition sur ce qu’ils recouvrent. De nouveaux champs de caractérisation d’une mission ont été introduit (champ disciplinaire, discipline, filière) en remplacement des mots-clés libres. Des listes de termes de référence seront établies pour les champs financement et organismes rencontrés. Enfin, une proposition a été faite d’association au sein de la même base (Atlantis-mission) d’une information factuelle (l’actuel contenu de la fiche de compte rendu de mission) et d’une information documentaire (les informations bibliographiques sur le rapport quand il existe).

 

 

Dans un premier temps les fichiers " résultats des recherches " et " missions " ont été exploités séparément.

 

L’étude bibliométrique des publications s’est plus particulièrement centrée sur les acteurs CIRAD, leur comportement et les thématiques de recherche.

 

L’analyse bibliométrique de l’activité de mission a conduit les experts à s’interroger sur la politique suivie : les raisons de notre présence ou de notre absence dans certains grands pays producteurs, la régularité ou la ponctualité des missions dans chacun des pays... Les relations qui ont été établies entre la nature des missions (mission d’appui, d’expertise, de politique scientifique...), la zone géographique et le secteur disciplinaire reflètent bien les préocupations de la filière cacao, et le type d’intervention du CIRAD au cours du temps. Les données sur le financement des missions (budget CIRAD, convention ou les deux) n’ont pas pu être exploitées de façon rétrospective dans ce travail.

 

Puis les deux fichiers ont été fusionnés pour constituer une base de données d’où l’on pourra extraire à la demande des cartographies thématiques associant activités de recherche et de coopération. Le lien entre ces deux formes d’information s’effectue grâce à un code thématique présent dans chaque référence.

 

La synthèse de cette première étude est en cours de rédaction. Une présentation des résultats a été faite aux chercheurs concernés par l’exercice de prospective. L’intérêt pour les experts du domaine des résultats d’une analyse de leur propres activités est globalement limité. Il n’en est pas de même pour les décideurs du CIRAD actuellement demandeurs d’indicateurs de suivi et d’évaluation des activités de l’organisme. Une systématisation de ce type d’analyse pourrait être étudiée.

 

 

La deuxième étude qui n’a pas encore démarré analysera la filière cacao au niveau mondial afin d’en dégager des indicateurs d’activités (qui travaille sur quoi, depuis quand, où...) qui situeront la maturité et l’évolution des recherches et des indicateurs relationnels (qui travaille avec qui) qui alimenteront la réflexion sur le jeu des acteurs.

 

 

Une attention particulière a été apportée à la recherche technologique. En effet, l’activité de propriété industrielle n’est pas un objectif pour un organisme comme le CIRAD. La surveillance de l’information brevet n’est donc pas aussi systématique que celle de l’information scientifique. A la demande des experts, une interrogation de la base brevets WPIL a été réalisée. Un plan de classification des références brevet a été établi avec les chercheurs en technologie. Chaque référence est affectée de 3 champs thématiques : produit de départ (fève, coque, cabosse...) ; produit d’arrivée (chocolat, cosmétique, confiserie, qualité, arôme...) ; technologie (fermentation, écabossage, pressage, alcalinisation...). L’exploitation des brevets se fera à partir de ces critères. Le comportement des sociétés sera également étudié.

 

 

Cette première expérience de collaboration en réseau documentalistes-gestionnaires de bases de données-observatoire du changement-chercheurs a été très positive. Elle a permis :

 

- une meilleure connaissance du rôle que les documentalistes peuvent jouer dans des exercices de réflexion prospective et comme acteur au sein d’un réseau de veille ;

 

- une réflexion sur les sources d’informations utilisées et des propositions d’amélioration afin de faciliter voire d’automatiser l’exploitation ultérieure des données;

 

- une sensibilisation des différents acteurs de cet exercice à l’intérêt de disposer de sources d’informations de qualité et au soin qu’il est nécessaire d’apporter à la formulation, au choix et au contrôle des informations.

 

 

Des écueils ont freiné la réalisation du travail. Ils sont facilement évitables à l’avenir:

 

- par une programmation de l’étude pour en dégager les moyens (humains notamment);

 

- par une relation étroite entre documentalistes et gestionnaires de bases de données afin de disposer de bases de données fiables, exploitables rapidement et qui évoluent en fonction des besoins ;

- par une réflexion plus approfondie en début d’étude entre l’observatoire du changement et les documentalistes pour une formulation plus précise des besoins et de ce qui est attendu de l’exploitation bibliométrique des informations.

 

 

 

Leçons de l’exercice de prospective cacao : la prospective au service de la programmation

 

De cet exercice de prospective sur une filière, le CIRAD peut tirer plusieurs leçons :

 

- Un exercice de prospective par filière doit associer l’ensemble des chercheurs du CIRAD travaillant sur la filière concernée et ceux d’autres programmes d’intérêt proche. Il doit mobiliser non seulement les chercheurs basés à Montpellier mais également les chercheurs expatriés. Cette mobilisation la plus large possible est garante de l’appropriation du travail et donc de la possibilité d’actions. Elle n’est pas facile à réaliser.

 

- Un exercice de prospective doit associer les documentalistes et les chercheurs. Pour mieux évaluer les situations réelles, il est utile de confronter les analyses faites par les chercheurs avec les analyses bibliométriques. En effet, comme le soulignent JM Belot et HP Lieurade, la bibliométrie ressemble singulièrement à la prospective. Dans le premier cas, il s’agit de bien connaître le passé et de voir les tendances à partir de la connaissance formelle et écrite ou informatisée. Dans le second, il s’agit davantage de se projeter vers des avenirs à partir de la connaissance formelle et informelle.

 

- Une telle réflexion sur le passé et les avenirs ouvre les horizons des agents du CIRAD à la fois pour le travail scientifique et pour le travail de développement.

Elle conduit à se poser des questions et éventuellement remettre en question des travaux en cours.

 

- Il faut trouver un moyen de péréniser la collecte et le traitement des informations sur la filière.

 

 

 

 

Bibliographie

 

 

BELOT J.M. et LIEURADE H.P. Renouvellement des matériaux et procédés mécaniques : éclairage par la bibliométrie et la prospective. Les cahiers de l’ADEST. Mai 1997. pp.73-85.

CALLON M. (sous la direction de) [1989]. La science et ses réseaux : genèse et circulation des faits scientifiques. Paris, France, Editions La Découverte, 1989, 214 pages.

 

CIRAD [1991]. Le projet d'entreprise du CIRAD. Renouveler notre coopération dans un monde qui change. CIRAD, 1991, 108 pages.

 

CIRAD [1991]. Les journées du projet d’entreprise. CIRAD, Montpellier, 12-13 septembre 1991, 84 pages.

 

CIRAD [1995]. Prospective et options stratégiques pour le CIRAD. Rapport du groupe prospective et stratégie. CIRAD, Notes et Documents No. 19, 1995, 124 pages.

 

GODET M. [1991]. De l’anticipation à l’action. Paris, France, Dunod, 1991, 390 pages.

 

GODET M. et alii [1991]. Problèmes et méthodes de prospective : boîte à outils. Futuribles - GERPA, deuxième édition, 1991, 73 pages.

 

de JOUVENEL H. [1993]. Sur la démarche prospective, un bref guide méthodologique. Futuribles, septembre 1993, pp.51-70.

 

de LATTRE-GASQUET M. [1997]. Projet d’entreprise et prospective : l'expérience d'un organisme public de recherche, le CIRAD. Politique et management public. (à paraître).

 

Tableau 1 : La démarche de la prospective cacao

 

 

 

 

 

Evolution du contexte : quatre champs examinés

 

¯ ¯ ¯ ¯

 

Pays producteurs

 

 

 

Thématiques scientifiques

 

 

 

 

Thématiques transversales

 

 

 

Acteurs

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------¯

 

Tendances

lourdes internes

 

 

 

®

 

Jeux d’hypothèses

¯

Scénarios d’environnement

¯

Options stratégiques

¯

Confrontation des options stratégiques aux

scénarios d’environnement

¯

Recommandations stratégiques

 

 

 

 

¬

 

Auditions d’experts

 

 

Annexe 1 : Plan-type des fiches pays

 

 

Pour chaque rubrique, faire une rétrospective et indiquer la situation actuelle et si possible les tendances pour l’avenir.

 

 

1. LA PRODUCTION ET LES PRODUCTEURS

 

Evolution de la production : volumes, surfaces, rendements

Structure de la production (petite ou grandes exploitations, nationales et étrangères)

Principaux obstacles à la production (système foncier, contraintes phytosanitaires, système commercial, prix, etc.)

Structures de représentation des producteurs

Crédit à la production

Organisation de l’approvisionnement en intrants

 

2. LA RECHERCHE

 

3. LA COMMERCIALISATION

 

Prix

Collecte interne

Formes contractuelles entre producteurs et acheteurs

Exportations : volumes, nombre et nature des exportateurs

Structures de représentation, interprofession

 

4. LE BROYAGE

 

Volumes broyés localement

Nombre, localisation et nature des usines

 

5. LA POLITIQUE DE L’ETAT

 

En matière de recherche, de vulgarisation, de fourniture d’intrants ou de semences, de crédit, de fixation des prix, de stockage, de contrôle de qualité, de standard d’exportation

 

6. LA CONSOMMATION

 

7. CONCLUSIONS

 

Poids du cacao dans l’économie du pays.

Place sur le marché mondial (fèves et cacao broyé).

Facteurs déterminants des évolutions

Tendances pour l’avenir

Germes de changement

Ruptures possibles

 

Sources

Rédacteurs et date de rédaction

Tableau 2: SOURCES D’INFORMATION

 

 

BASE DE DONNEES DOCUMENTAIRES

AGRITROP

 

 

dont l’objectif est de

Recenser les documents

 

 

Ø Rapports de mission, de synthèse, d’activités, annuel... )

 

 

Ø Publications scientifiques

- Article de périodique

- Communication de congres

 

Ø Travaux universitaires

 

sous la forme d’une

REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE

 

 

 

BASE DE DONNEES FACTUELLES

ATLANTIS-MISSION

 

 

dont l’objectif est de

Recenser l’activité

 

 

Ø Compte-rendu de mission

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sous la forme d’une

FICHE DE COMPTE-RENDU

 

 

 

 

 

Tableau 3 : TYPE D’INFORMATIONS SUR LES MISSIONS

 

FICHE DE COMPTE -RENDU

de la mission

 

 

IDENTITE DU MISSIONNAIRE (Nom et affiliation)

 

DATE DE LA MISSION

 

OBJET DE LA MISSION

 

NATURE DE LA MISSION

 

MOTS-CLES libres mis par le missionnaire

 

Néant

 

PAYS VISITES

 

FINANCEMENTS

dans le cas de convention : organisme mandataire libre

 

POINTS ESSENTIELS DE LA MISSION rédigé par le missionnaire

 

ORGANISMES RENCONTRES libres

 

Néant

 

Néant

REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE

du rapport

 

 

AUTEUR(S) DU RAPPORT et AFFILIATION

 

Néant

 

TITRE DU RAPPORT

 

Néant

 

INDEXATION THEMATIQUE

 

CODE THEMATIQUE

 

INDEXATION GEOGRAPHIQUE

 

Néant

 

 

RESUME DOCUMENTAIRE

 

 

Néant

 

SOURCE BIBLIOGRAPHIQUE

 

COTE DU DOCUMENT