DAVID S., RASSER H., PINHAS N., CACHELOU M.

Des flux d’information à la connaissance : description d’approches Inserm non bibliométriques.

 simone.david@dicdoc.inserm.fr

nicole.pinhas@dicdoc.inserm.fr

hugues.rasser@dicdoc.inserm.fr

myriam.cachelou@dicdoc.inserm.fr

 Notre intervention se situe dans le cadre d’activité du Département de l’Information Scientifique et de la communication DISC dirigé par S. Mouchet. Nous collaborons ponctuellement avec L. Schaffar qui dirige le service des programmes et avec le département du partenariat économique et social DPES, dirigé par F. Belaïsch.

 Partir des flux d’information et les gérer pour extraire l’information utile constitue une de nos stratégies.

" L’information utile n’est pas un accroissement de la quantité d’information mais tout au contraire une réduction de cette quantité par des regroupements pertinents. "

Se donner les moyens d’opérer des regroupements et mémoriser les chemins qui conduisent à de tels résultats est une des options que l’Inserm a retenue . Elle permet de participer au processus de synthèse de connaissances qui contribue au transfert des résultats issus de la recherche vers des partenaires cliniciens, soignants, décideurs dans le champ santé.

 Le réseau DIC-DOC, en partenariat avec des collectifs de travail, tente de fournir des plate - formes de traitement de l’IST, information scientifique et technique, qui répondent à des besoins spécifiques et intègrent un processus de validation d’une partie de l’IST circulante . Réfléchir sur l’objet IST, c’est le considérer comme un médiateur, c’est rendre disponibles les données acquises par un groupe et faciliter leur accès pour d’autres groupes, ce qui renforce le processus de validation via la critique.

Deux exemples seront analysés permettant de spécifier les modalités d’action, de travail partagé, et les moyens utilisés tant en terme de solution préfabriquée que de développements.

 

I UNE COLLABORATION EUROPEENNE

Offre initiale

. Des fichiers multibases, régulièrement mis à jour et consultables sur une station de travail avec un logiciel de travail partagé.

. Une fonction recherche pour extraire de façon plus fine que par descripteurs des notions qui seront spécifiées et dont le suivi semi-automatique sera possible.

. Des livraisons périodiques de références concernant les différents aspects d’une même thématique, à évaluer par le recours à une écriture électronique de commentaires datés et signés.

. Une mise à disposition de grille de lecture conçue en partenariat avec les futurs utilisateurs et correspondant à une spécification d’extraction d’information relevant d’une thématique. Cette grille constituera une première étape vers la traduction de l’IST en connaissance.

. Des produits associés :

un glossaire qui fournit définition, citation et sources posées via des liens hypertexte, pour permettre une approche multidisciplinaire d’un sujet.

. Des bibliographies hyper-spécifiques sur des sujets érigés en veille adressées à un utilisateur désigné ou à un séminaire de lecture thématique.

 

Les types de partenaires de l’activité collective

 

Un ensemble coordonné d’acteurs hétérogénes.

 

L’action réalisée sur l’Ist transgresse les règles établies de la division du travail. Comment peut-on travailler et que peut-on produire ensemble ?

L’innovation comporte la mise en relation d’acteurs et un système d’action dans un couple lecture - écriture. Cela suppose la construction de stratégies de rupture face aux relations passées à l’IST, la remise en cause de règles et la construction de compromis dépassant les contradictions initiales. Cela conduit à anticiper les conséquences des nouveaux choix et permet que la " mise en synergie " se fasse.

 

 

Partage des rôles, clarté des rôles, diversité des rôles, la dévolution des rôles renforce la coopération.

 

La clientèle possible a posteriori

 

Partenaires en santé en quête d’information ayant un statut " état des connaissances à une date donnée " et permettant une prise de décision, en contexte de maîtrise des données disponibles.

 

Des participants " invisibles "

Dans l’identification de marqueurs de risque les populations à haut risque qui devront recevoir un traitement constituent des " personnages conceptuels " DELEUZE G. et GUATTARI F. 1992

 

Les produits : ce qui va résulter du travail collectif

 

Une base annotée

Des extractions validées par signatures des auteurs ayant utilisé la grille de lecture 

Un cheminement mémorisé.

Des sorties automatiques de réponses à des questions construites via des outils d’interrogation incorporant la terminologie et les concepts de la thématique.

Il s’agit par un tel processus, de conserver la mémoire et de mettre en valeur des résultats acquis en essayant de faire ressortir les aspects les mieux éclairés et ceux qui restent dans l’ombre. C’est une mise en perspective des résultats, via des " intelligibilités partielles ".

Cet aspect est sans doute un des plus intéressants, il devra faire l’objet d’une évaluation. Il suppose la mise en place, à terme, d’un produit d’IST reconstruit. Sa valeur ajoutée prendra racine dans la pose méthodique de liens hypertexte permettant une traçabilité sous jacente des sources exploitées.

 

 

II LA PLATE-FORME POUR USAGE AU SEIN DE L’EXPERTISE COLLECTIVE

Dans le cadre du partenariat avec le DPES des collaborations prennent des aspects divers, l’un d’eux sera explicité.

Une version client du logiciel de travail partagé est installée chez chaque partenaire et permet la liaison avec le serveur de Strasbourg.

Le site DIC-DOC du Kremlin Bicêtre assure par ailleurs la fourniture, via le même logiciel de travail partagé, de bases documentaires résultant de fusion d’interrogations multibases. Celles-ci rendues " opérationnelles " sur le serveur sont accessibles pour les clients mais sont également , via une interface, mises en accès personnalisé aux experts sur le web.

Un mot de passe est accordé à l’expert et un travail de pose d’étiquette thématique permet de leur livrer un accès focalisé à ce qui est leur champ de lecture pour le travail collectif. Quelle que soit leur implantation géographique, ils peuvent rédiger leurs commentaires et les rendre lisibles à la cellule de coordination de l’expertise en cours. Si des zones sont renseignées pour certains partenaires, le service d’expertise collective maîtrise l’accès à l’ensemble de la base de travail et gère les partitions . Celles-ci déterminent une mosaïque qui n’est que distributive. Elle peut offrir des prolongements pédagogiques. Elle rend visible la complexité d’approches pluridisciplinaires et peut, via un glossaire, établir des passerelles entre experts.

 

Une partie importante du travail consiste à offrir aux experts " une ouverture bibliographique ". En effet, ils possèdent leur propre bibliographie extraite le plus souvent de Medline et ont tendance à vouloir se limiter aux seules références ainsi obtenues.

Une interrogation multibases permet de couvrir tous les thèmes identifiés de l’expertise, un profil de suivre l’actualité pendant toute la durée de l’expertise.

Il nous semble avec l’expérience impossible de se limiter à une seule base externe pour diverses raisons : couverture complémentaire, indexation différente, unité d’information plus ou moins riche, délai de mise à jour plus ou moins rapide sont autant d’éléments en faveur d’une interrogation multibases.

Nous avons développé au sein de la plate forme de travail un module bibliographique convivial pour amener les experts à lire, valider et commenter les références sélectionnées par les professionnels de l’information.

Les références sont importées, dédoublonnées et indexées dans Notes. Sur le web, les scientifiques peuvent balayer leur propre base, visualiser une base thématique définie par un mot clé ou interroger la base globale à l’aide d’un module d’interrogation offrant en plus des opérateurs traditionnels, des recherches par voisinage dans la phrase, le paragraphe...

Les références sont qualifiées et commentées par l’expert. Ainsi chaque article se trouve classé de fait en diverses rubriques : article commenté, article à ignorer/rejeter et article à discuter par le groupe au sein d’un forum.

Avec Notes, les services Inserm de l’expertise collective peuvent visualiser par expert ou par thème, les commentaires et les références validées.

La mise en commun de ces différents éléments leur permettra d’établir une synthèse qui sera ensuite discutée et validée par le groupe.

 

Le réseau DIC-DOC a conçu cette offre, après avoir analysé les méthodes de travail connues antérieurement à la mise au point de réels systèmes de travail partagé.

Les modules confectionnés sont à tous moments susceptibles d’être offerts aux utilisateurs s’ils sont en adéquation avec leurs besoins.

Leur évolution est pilotée par une validation réalisée par les utilisateurs eux-mêmes. Ainsi donc des sous-groupes sont dynamiquement mis en place et reconfigurés, l’informaticien connaissant à tout moment les droits d’accès à ouvrir ou fermer.

Un groupe de travail comprenant partenaires en IST, en informatique et " clients " issus du milieu recherche, évalue l’impact des modules conçus et détermine l’adaptabilité à prendre en compte.

 

Les deux types d’approches décrites font ponctuellement appel à la bibliométrie par le recours au SCI ou à des collaborations avec des statisticiens correspondants au sein du réseau DIC-DOC. Des collaborations avec des spécialistes en bibliométrie sont également tissées. Cela s’insère dans un projet de façon intégrée et ne constitue pas une spécificité.