
Habilitation à diriger des recherches de l'Université de Savoie
Présentée par
Soutenue le 5 décembre 2008
Processus ascendants et descendants dans le contrôle de l'équilibre postural
Jury
Pr Théophile Ohlmann
Pr Dominique Pérennou
Pr Brian Day
Zoi Kapoula (DR)
Pr Vincent Nougier
Gabriel Gauthier (DR)
Pr Rougier
Résumé
Le système nerveux central utilise différents types d'informations sensorielles (vestibulaire, visuel et proprioceptif notamment) afin de permettre au sujet humain de maintenir une posture érigée. La manière dont toutes ces informations sont combinées pour donner une réponse comportementale unifiée reste aujourd'hui une question ouverte. Ces réponses motrices coordonnées et adaptées sont le plus souvent considérées comme étant générées par un système de contrôle, fonctionnant sur la base de rétroactions sensorielles (système de feedback). De récents travaux suggèrent toutefois, que des mécanismes pro-actifs (feedforward) ou prédictifs pourraient aussi prendre part à cette régulation. Les travaux présentés dans cette HDR, aux travers de plusieurs axes de recherches sur des sujets sains et pathologiques, questionnent la part respective de " processus ascendants (rétroactif) et descendants (proactif) dans le contrôle de l'équilibre postural ". Ces travaux mettent en avant le fait que des mécanismes prédictifs peuvent effectivement intervenir dans cette régulation posturale. C'est ainsi que des entrées cognitives, telle que l'attente d'une afférence sensorielle potentiellement perturbatrice (un flux visuel par exemple.) peut moduler son impact sur l'équilibre postural. De même, l'absence d'instabilité posturale occasionnée par les mouvements oculaires chez le sujet sain ou souffrant de nystagmus congénital, malgré l'important flux rétinien occasionné, laisse à penser que le système nerveux central soit en mesure sur la base d'une copie de la commande motrice oculaire (copie d'efférence) d'anticiper, voire d'annuler, les effets des rétroactions sensorielles liées au mouvement volontaire. Ainsi, des mécanismes d'atténuation prendraient place à des niveaux relativement précoces du traitement sensoriel. Cette apparente flexibilité s'avère toutefois variable selon le canal sensoriel considéré (fonction du caractère équivoque de l'information qu'il véhicule) et semble compromise dans certaines pathologies comme le vertige visuel (visual vertigo).