Alexis Beaubrun Ardouin appartient à la lignée des grands historiens haïtiens du XIXème siècle. Il est l'auteur d'une monumentale Histoire en onze volumes, Études sur l'Histoire d'Haïti, dont la première édition parut en 1853 ( rééditée en 1958, avec une préface de François Dalencour ).  Son grand père René Ardouin était originaire de la Charente. Après s'être établi comme colon dans le Sud d'Haïti, il prit pour femme une indigène du nom de Suzanne Idée, dite « Suzon Ardouin », qui lui donna trois enfants dont l'un, né à Port-au-Prince le 22 mars 1770, s'appelait Alexis Antoine Ardouin : le père de l'historien.

   Son fils, Alexis Beaubrun Ardouin, naquit au Petit Trou de Nippes ( port situé sur la côte nord de la presqu'île du Sud, près d'Anse-à-Veau, à mi-distance de Jérémie et de Léogane ) en octobre 1796. Tour à tour typographe ( 1813 ), avocat au barreau de Port-au-Prince, juge suppléant au tribunal de cassation ( 1821 ), commissaire du gouvernement ( 1831 ) puis sénateur ( 1832 ), Alexis Beaubrun Ardouin participa à la rédaction des deux traités qui entérinèrent la reconnaissance de l'indépendance du nouvel État ; il traita de concert avec Frémont, Villevaleix Aîné et Labbée, au sujet de l'indemnité de cent cinquante millions de francs qu'Haïti devait verser à la France pour prix de la reconnaissance de son indépendance ( 1837 ). Il soutint la cause de Jean-Pierre Boyer (1) contre les abolitionnistes d'Europe,  qui reprochaient au Président de la République d'Haïti de nuire à la cause de l'abolition de l'esclavage.

   Lors de la chute du président Boyer, un acte mit en accusation l'ex-sénateur Alexis Beaubrun Ardouin ainsi que son frère Céligny ( 24 mars 1843 ), qui furent envoyés au cachot comme traîtres à la patrie. Il retourna à la politique en 1848, en qualité de ministre résident à Paris, fonction qu'il abandonna au lendemain du 16 avril 1848, après qu'il eût appris que son frère Céligny avait été emprisonné à la suite d'une altercation avec le président Soulouque. Il occupa à nouveau ce poste en 1860, et mourut à Port-au-Prince le 30 août 1865.
 

SOURCES : Bernard FOUBERT, « De la plantation coloniale à la micropropriété paysanne », in Bulletin de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, 3e série, t. V, 2e semestre 1997, p. 449 ; Ertha PASCAL TROUILLOT, Encyclopédie biographique d’Haïti, éd. Semis, Montréal, 2001, t. 1, pp. 31-32.

_____________________________
 

(1) Notice biographique de Jean-Pierre Boyer  

 
Le bourg de l'Anse-à-Veau en 1803